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Une pierre

12 Sep 2020

Lors d’une randonnée, j’ai suivi le conseil d’une thérapeute : « Ramassez une pierre et dites-lui qu’elle représente un chagrin que vous portez, une injustice ou autre malentendu.

Racontez-lui tous vos malheurs et ce que vous ressentez tout en faisant votre balade. Quand plus rien ne vous vient, rendez-la à la nature. »

En ramassant la pierre, je ne savais pas encore ce que je lui raconterais. Mais c’est devenu une évidence en marchant. Et j’ai pris le temps de tout y déposer avant de la laisser tomber le long d’un précipice.

Le soulagement était palpable après l’avoir lâchée.

Et vous ? Avez-vous besoin de recycler quelque chose que vous portez dès la rentrée ?

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Gundula Welti

Comments

  1. Patrick Bourg Says: septembre 13, 2020 at 3:59

    Cette bulle fonctionne comme métaphore de la projection !
    Projection d’une problématique interne sur un objet externe, qu’en plus je projette lui-même dans le précipice !
    Dans la vie de tous les jours, il arrive que cette pierre s’appelle Pierre, Paul, Jacques: ainsi souvent nous précipitons dans le vide des objets ou des personnes que nous avons chargés de tous les (nos) maux (mots) avant de les jeter ! Quant aux suicidés qui se jette dans le vide, ils accusent souvent quelqu’un en s’utilisant comme projectile (tu vois dans quel état tu m’as mis…)…

    Comment ne pas évoquer la mythologie grecque qui voit La Shinx tomber dans le précipice (chute provoquée ou spontanée (les versions divergent) après qu’Oedipe ait trouvé la réponse à son énigme ?

    Mais cette bulle me fait penser à ce qui vient d’arriver à un médecin alpiniste qui était en train d’équiper une voie en face nord du Mont Faron à Toulon: un groupe de trois jeunes a balancé du haut de la falaise (une centaine de mètres) des pierres qu’il a pris sur la main: multiples fractures… Jeter des pierres chargées de nos déchets à recycler est donc potentiellement dangereux pour quelqu’un d’autres, d’autres qui vont payer… pour d’autres !

    Le mécanisme de la projection est sans doute le plus universel de nos mécanismes de défense psychique; et atteint son paroxysme avec la paranoïa.
    Et de fait le paranoïaque va momentanément beaucoup mieux en projettant ses déboires sur les autres, qu’ainsi il peut rendre responsable et les projetter ainsi dans le précipice de sa haine ! Mais comme sa problématique lui est interne, il sera condamné à vie à répéter comme Sisyphe (qui lui roule éternellement sa pierre) sa projection: c’est donc ici la limite de la recommandation de la psychologue: se décharger de ses peines sur un objet extérieur (au sens philosophique (qui peut être une personne)) certes est un médicament qui soulage mais en fait un véritable poison car ma peine était (et est) liée à une problématique interne… que ma projection ne fait que cacher: véritable « pharmakon » grec (remède ET poison) que cette projection !
    Voilà pourquoi si les coaches et autres thérapeutes donnent des conseils certains s’en abstiennent car les conseilleurs ne sont pas les payeurs.
    « J’ai mes brouillards et mon beau temps au dedans de moi, le bien et le mal de mes affaires mêmes y fait peu »
    Pascal : 1623-1662
    à méditer avant de jeter une pierre… surtout sur les autres !!!

    – Jetter ses problématiques internes certes soigne (soulage) mais ne guérit pas: c’est ce qu’on reproche souvent aux psychotropes !
    – La parole est libérée par la randonnée (les philosophes péripatéticiens qui philosophaient en marchant): il vaut mieux projeter ses soucis sur des paroles que sur des pierres car les pierres ne parlent pas alors que les mots que je mets sur mes maux parlent… pour peu que je les écoute !!! De plus, les mots peuvent des projectiles qui font beaucoup plus mal que les pierres !

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