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Motivation ou Inspiration ?

23 Jan 2021

« Je suis super motivée pour écrire un article ! »
« Je suis super inspirée pour écrire un article ! »

A la lecture de ces exclamations nous pouvons ressentir qu’il y a de l’enthousiasme et plein d’entrain dans la motivation. Je peux d’ailleurs poser mes mains sur mon clavier en mode super motivée pour écrire un joli billet. Or, cette belle motivation tombe à plat si l’inspiration me fait défaut.

Selon le Larousse, la motivation vient des raisons et intérêts qui nous poussent dans notre action. L’inspiration, elle, est ce souffle créateur qui nous anime.

Autrement dit, m’assoir à mon clavier avec motivation et sans inspiration, ne donnera jamais naissance à une Bulle de Bonheur !

Et vous ? Êtes-vous porté par l’inspiration pour ce que vous faites ?

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Gundula Welti

Comments

  1. Patrick Bourg Says: janvier 24, 2021 at 11:44

    Certains on pu dire que la création était faite de 5% d’inspiration et 95% de transpiration !
    « Un don sans technique n’est rien qu’une sale manie » G. Brassens !

    « Nous pouvons ressentir qu’il y a de l’enthousiasme »: À l’origine, un enthousiaste est une personne possédée par un dieu. Employé dans l’Antiquité grecque pour décrire les manifestations de la possession divine : Apollon et la Pythie, Dionysos et les Bacchanales, le poète et ses muses.

    Jeanne d’Arc dans son enthousiasme entendait des voix, peu importe que ce soient celles de Dieu ou de son inconscient: les deux sont ce qu’il y a de plus intime en nous.
    Dieu le créateur du monde est, par le biais de l’immanence (car nous sommes les enfants de Dieu), ce que je dois imiter du Père pour être un digne enfant de lui: donc être moi aussi créateur de mon propre monde. D’où le THéos d’enTHousiasme qui à l’origine signifiait l’inspiration ou la possession par le divin. Qu’une psychanalyse laïque et agnostique en ait fait l’inconscient pulsionnel avec tous ses débordement ne change rien à l’affaire. Il faut trouver un exécutoire, une sublimation à cette lave incandescente en nous: ce sera la création comme tentative de guérison de la psychanalyse. Le théâtralisme de l’hystérie en est un exemple.
    La création nous permet, moyennant un déplacement sur un autre substrat, de résoudre une problématique intime.
    Le brain-storming qui utilise la libre-association de la psychanalyse associé à l’epochè, c’est à dire la suspension du jugement tant sur ses propres propos que sur ceux des autres participants. Il s’agit de favoriser un mouvement brownien d’idées qui après entrechoquement vont potentiellement pouvoir créer de nouvelles combinaisons. L’écriture automatique des surréalistes en est un autre exemple.

    « L’inspiration, elle, est ce souffle créateur qui nous anime. »: l’inspiration est en effet un mot de la pneumologie puisque inspirer c’est prendre de l’air afin d’oxygéner notre sang et de rejeter du gaz carbonique.
    Mais l’idée de « souffle » est la traduction de deux mots distincts: il y a le « pneuma » de la pneumologie et il y a le « phal » (qui a donné « phallus ») qui est le souffle qui vient gonflé un projet. À noter qu’il ne faut pas confondre le phallus et l’érection même si les mécanismes à l’oeuvre sont les mêmes, à savoir l’arrivée respective d’un fluide qui gonfle son récepteur. Ce sera la même erreur que de confondre faim physiologique et appétit psychique (le désir spinoziste): il ne faut pas confondre physiologie du corps et fonctionnement psychique !
    On peut noter que l’inspiration pneumonologique peut être une métaphore qui participe de l’inspiration créatrice: par mon inspiration je permets à l’air extérieur de me pénétrer et de me maintenir en vie. Notre vie culturelle comme « épreuve de l’étranger » ne dit rien d’autre: il faut s’aérer et renouveler l’oxygène de ses idées.
    Et puisque de l’inspiration à la respiration il n’y a qu’un pas, remarquons que la respiration est aussi cette pause nécessaire à toute création: il faut que ça infuse. La musique en est un exemple: les notes ne valent que par les respirations qui les séparent, les notes ont besoin de soupirer ou de demi-soupirer…

    « m’assoir à mon clavier avec motivation »: la motivation a à voir avec le motif moteur de l’homme: avoir un motif c’est à dire avoir un désir moteur (pléonasme): c’est le désir qui est le motif moteur de ma motivation. Désirer c’es « exister en acte » (Spinoza), c’est « l’appétit (et non la faim) qui a conscience de lui-même ».
    Aristote: « le désir est l’unique force motrice de l’homme »
    Spinoza: « le désir est l’essence de l’homme »
    Et ce désir là est en rupture avec le désir platonicien qui est aliéné au manque: je désire et aime ce qui me manque: je suis donc peu ou prou toujours malheureux.
    Là (avec Spinoza) je désire et aime ce qui EST, sans référence à ce qui n’est pas (c’est aussi l’héritage stoïcien). C’est ce que nous apprends l’amour de la montagne quand on est fatigué ou qu’on a froid: on gère ces facteurs positivement sans s’abimer dans la douleur d’un manque et d’une frustration:
    « Danser sur le bord des abimes »
    « Philosopher, comme je l’ai toujours entendu et pratiqué jusqu’ici, c’est vivre volontairement sur la glace et les cimes » Nietzsche.
    Je peux ne pas avoir de goût pour les maths mais si j’ai le désir de faire médecine ça va me motiver pour les maths, je peux ne pas aimer l’apprentissage des langues mais désirer en apprendre une car celle de ma voisine ou de mon voisin m’intéresse…! Le poète et sa créativité est souvent inspiré, motivé par une muse: c’est pa s du désir, ça ?!

    Le jeu (playING) chez le pédiatre psychanalyste anglais Winnicott comme élément majeur du développement de la créativité de l’enfant. Le « playING » (le gérondif est très important)est un jeu sans règle, à la différence du « game » (of tennis, par ex) qui est un jeu avec règle.

    La psychanalyse: la créativité comme tentative de guérison: on pourrait soutenir l’idée que l’éthique de la psychanalyse est de (re)donner au sujet une auto-nomie c’est à dire la créativité de sa propre vie, en nommant les choses par soi-même (auto-nomie). Quitte à dire des bêtises autant que ce soit les siennes !
    De plus, la psychanalyse nous apprends que toute créativité est une tentative de guérison: toute l’histoire de l’art et de culture nous l’apprends: la créativité des grands génies de l’humanité s’est nourrie de leurs souffrances qu’ils ont su sublimer par leur créativité.

    « Et vous ? Êtes-vous porté par l’inspiration pour ce que vous faites ? »: oui et le désir est le nom de cette inspiration: mais il est à noter que ce désir peut être distinct de ce que je fais: apprendre une langue étrangère par désir pour celle avec qui je désire parler ! Je suis motivé à apprendre cette langue car cette muse m’inspire ! Donc il est exact de dire «  Or, cette belle motivation tombe à plat si l’inspiration me fait défaut »: pas d’apprentissage de langue sans la petite Lulu ! Pas d’acte sans le désir moteur qui le soutient… Chez Freud cette « énergie » (concept d’Aristote) se nomme « libido ».

  2. Bruce Taylor Says: janvier 24, 2021 at 2:13

    To answer your questior:
    YES, toujours 🙂

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