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Initiatique

05 Déc 2020

Cet été, j’ai voyagé seule en Italie. Un road trip organisé par moi, pour moi. Personne pour partager mes impressions et personne à blâmer.

C’est là où c’est initiatique. Je programme les journées selon mes envies, selon les recommandations et les opportunités qui se présentent.

Je veux découvrir ce qui me plait, moi. Pas ce que je fais pour faire plaisir aux autres, pour ramener les bonnes photos où les souvenirs appropriés. Non, je le fais pour le voyage au centre de moi-même pour voir ce qui résonne. Ou ce qui ne résonne pas.

Une expérience somme toute initiatique. Je regarde ce qu’il y a au fond, tout au début (initium) de moi. Sans les masques pour la société.

Et vous ? Qu’y a-t-il à l’origine pour vous ?

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Gundula Welti

Comments

  1. Patrick Bourg Says: décembre 21, 2020 at 3:49

    Il est beaucoup question du MOI dans cette bulle « Un road trip organisé par MOI, pour MOI », « voyage au centre de MOI-même », « Je regarde ce qu’il y a au fond, tout au début (initium) de MOI ».
    Et pourtant un passage semble contredire ton propos:
    « Je programme les journées selon mes ENVIES »: l’envie est le désir de ce qui est possédé par quelqu’un d’autre: c’est donc l’intrusion inconsciente de l’autre en moi, comme l’ébauche d’un SUR-MOI ! Contradiction donc avec ce désir de « voyage au centre de MOI-même », sauf à y découvrir ce surmoi, cet autre en moi.
    De la même manière qu’il y a deux clowns, le clown blanc et le clown triste, notre MOI n’aurait il pas de véritable centre… ou alors plusieurs; écartelé qu’il est entre plusieurs maîtres: la réalité extérieure, le surmoi et le ça pulsionnel: le « surmoi » c’est la tradition en moi et le « ça » c’est le pulsionnel biologique. Voilà pourquoi notre concept de MOI est une illusion, comme est une illusion d’aller au centre de soi-même. Et cette intuition est bien antérieure à Freud puisque David Hume en a déjà l’intuition en suggérant que nous avons de toute pièce inventé le concept de moi pour nous faire croire que nous étions le maître chez nous (ce qui est bien entendu totalement faux: cf. la puissance de nos héritages biologiques et culturels).
    « Sans les masques pour la société. »: mais de ce qui précède, il apparait que le Moi est un masque: d’ailleurs l’étrusque de cette Italie que tu aimes nous a légué un mot qui le résume: « Persona » qui est le masque du théâtre antique et qui a donné ‘personne’ (qui est aussi, à la fois, quelqu’un et personne…). Avoir de la personnalité n’est guère que se construire un masque pour plaire !
    Voilà donc le drame de de l’EGO-CENTRISME qui reproduit le procès de l’Eglise avec Galilée, église qui affirmait que la Terre était le centre du monde; à l’instar de mon MOI personnel qui affirme que nous sommes le centre de notre propre monde.
    On connait la suite, une série de démenti, de dés-egotisation, de dé-narcissisation avec Galilée qui fait de la Terre un simple satellite du Soleil, de Darwin qui nous replace dans l’évolution des espèces… et bien sur de la psychanalyse qui nous révèle que nous ne sommes même pas maître chez nous.
    Bien sûr, certains continuent à protester encore de nos jours contre ces découvertes scientifiques: les créationistes made in USA et les tenants d’une EGO-psychologie pure et dure dont Trump est un des produits les plus achevés !

    Ainsi ton propos: « Je veux découvrir ce qui me plait, moi. Pas ce que je fais pour faire plaisir aux autres » est certes une intention louable qu’on aurait tous envie de proférer (et que d’ailleurs on profère tous dans des moments de conneries aigües !!! La connerie (toujours névrotique) étant la chose la mieux partagée du monde (avec le bon sens pour certains !), mais ce propos est aussi à entendre comme une dénégation, c’est à dire comme un propos qui énonce une vérité tout en la niant !!! (Du style « surtout n’allez pas croire que je sois raciste » !).

    Last but not least: « Je regarde ce qu’il y a au fond, tout au début (initium) de moi », « Qu’y a-t-il à l’origine pour vous ? »:
    Ton propos semble mélanger deux notions distinctes: le commencement (initium) et l’origine.
    Ce passage de cette bulle fait donc penser à un débat très intéressant entre L’ORIGINE et le COMMENCEMENT:
    * « L’origine correspond aux processus constitutifs expliquant l’apparition des objets. L’origine pose la question du comment des choses (les lois et principes logiques qui en expliquent la dynamique). Or pour certains c’est Dieu qui est à l’origine du monde…
    * Le commencement est la manifestation spatiale et temporelle de la naissance de ces objets. Le commencement pose la question du pourquoi des choses »
    « La notion du commencement va aller aux théologiens, idéalistes, créationnistes… tandis que la notion de l’origine va aller à la philosophie matérialistes et aux sciences »
    Ainsi pour un catholique pur et dur ou pour un partisan de l’astrologie, la date de naissance est un commencement important (une nativité): « lorsque l’enfant parait »; alors que pour un scientifique ce commencement qu’est l’accouchement ne nous informe en rien sur l’origine de la vie… et peut expliquer en partie les différences de positions sur l’interruption de grossesse (qui joue plus le commencement que sur l’origine).
    Ainsi si l’on revient sur « Je regarde ce qu’il y a au fond, tout au début (initium) de moi », cet « initium » est plus un commencement (qu’atteste l’accouchement d’un MOI !) qu’une origine.
    Schématiquement on pourrait dire que la psychologie est plus du côté des commencements visibles et la psychanalyse du côté des origines invisibles… à première vue !
    La maïeutique socratique (cousine germaine de la psychanalyse) est plus du côté de l’accouchement (« maïa » : la mère de Socrate est une sage-femme) des origines que des commencements initiaux.
    La psycho-pathologie nous montre une dissociation entre l’origine d’un trouble et le commencement d’un symptôme dans l’après-coup. Ainsi une de mes patientes avait subit vers l’âge de huit ans des attouchements d’un oncle et ce n’est que vers l’âge de 14-15 ans que des symptômes ont commencé, lorsqu’elle a compris que l’histoire originelle qu’elle avait vécu était interdite et hors norme.

    Bien sûr, c’est en ce point que Spinoza a pu dire que la sensation de liberté que nous pouvons avoir, dans notre immense prétention, ne tenait qu’à l’ignorance des causes qui gouvernent (causes d’où nous nous originons à l’insu de notre plein gré).

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