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In Lakesh

18 Déc 2020

Pour se saluer, les Mayas disaient « In Lakesh », ce qui signifie « Toi, une autre version de moi ».

Si un thérapeute vous demandait ce qui vous dérange chez votre conjoint, vous ne pourriez parler que de ce qui vous dérange en vous-même car le reste, vous ne pourriez pas le voir.

Thich Nhat Hahn dit: « si ma main droite blesse ma main gauche en plantant un clou, je ne vais pas punir ma main droite pour venger la gauche ! Je vais soigner et consoler la gauche avec la droite car nos deux mains font parties du même corps.

Il nous invite à nous comporter comme si nous appartenions tous au même corps. Comme si chacun de nous était une goutte d’un même océan.

Parce que c’est le cas !

Avec ce message d’amour je vous souhaite de très belles fêtes de fin d’année et vous donne RDV en 2021 !

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Gundula Welti

Comments

  1. Patrick Bourg Says: décembre 20, 2020 at 12:25

    In « autos » !
    C’est sans doute la première fois où je suis totalement et intégralement d’accord avec une de tes bulles !
    Alors bullons ensemble.

    Très souvent ce qui est enfoui, refoulé à l’intérieur de nous même, nous fait retour de l’extérieur; accompagné souvent de ce sentiment d’inquiétante étrangeté (Heimlich-unheimlich) qui est aussi une inquiétante familiarité… puisque cet étranger de l’extérieur est du familier refoulé de l’intérieur qui nous fait retour de l’extérieur : donc ET étranger ET familier.
    Or l’exemple Maya que tu donnes (« « In Lakesh », ce qui signifie « Toi, une autre version de moi ») a un équivalent proche de nous et de nos langues:
    le « autos » grec.
    Voilà ce qui est dit dans « Le vocabulaire grec de la philosophie » , d’Ivan Gobry aux éditions Ellipses: « Grammaticalement ‘’Autos’  signifie à la fois moi-même, soi-même, la chose elle même (latin ipse); et le même, la même chose… Platon l’emploie au sens de substance: l’en-soi; Aristote au sens d’identique (latin idem): le même que soi ».Ainsi se trouve réuni dans « auto» le même et l’autre du même.

    D’ailleurs c’est ainsi qu’on peut mieux comprendre cette racine à l’oeuvre dans un mot comme « auto-mobile »: une voiture est en même temps la même puisqu’on peut la repérer via la constante visuelle de sa carrosserie et en même temps une autre du même car elle change de place lorsqu’elle est mobile: ainsi les différentes images d’une voiture qui se déplace sont comme les différentes images d’une même fonction: les autres du même.C’est ce que disent en substance des expressions latines comme « congruum in multiplex» et « Unitas in varietatis ».

    Ainsi « autos » est à la fois moi et l’autre , vu comme un autre moi-même, et moi-même comme le même de l’autre.
    Tu retrouves donc le « Lakesch » Maya. Jacques Lacan pour qui le grec et le latin n’avaient pas de secret, en a fait « le petit autre » avec un petit a (qu’il opposait au grand Autre avec un grand A, l’Autre radical dans son altérité) c’est à dire que le petit autre est un autre soi-même.
    Et de fait, on retrouve en ce point une des grandes (re)découvertes de la psychanalyse: la pluspart des conflits que nous avons avec les autres sont en réalité des conflits avec des autres moi-même ! Je déteste dans l’autre en face de moi, cet autre moi-même inconscient à l’intérieur de moi-même et qui me fait retour de l’extérieur: je me hais moi-même, sans le savoir, en haïssant l’autre: cela est poussé à l’extrême dans la paranoïa avec sa projection mortifère. Bon nombre de divorce (conjoint ou enfants) repose sur cette vérité !!! En congédiant l’autre, je ne vois pas que c’est une partie de moi que j’essaie de congédier… Jusqu’à ce que je recommence ce scénario avec quelqu’un d’autre ! L’étranger qui m’énerve est du familier en miroir: l’autre est bien une autre version de moi.

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