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Chaud, très chaud !

02 Oct 2020

Mon sac à dos me colle aux omoplates, mon chapeau ne fait plus qu’un avec mon front et mes lunettes s’entêtent à descendre sur le toboggan de mon nez. Ne parlons même pas de cette impression de me sentir comme le croisement entre post-it et glue.

Pourquoi diable faire du tourisme l’été, déambuler dans les rues surchauffées, d’une église vers un musée ou l’inverse ?

5 minutes après la douche, je regarde les photos et ce désagrément est déjà oublié.

La même chose est vraie pour un accouchement. Pour celles l’ayant vécu sans péridurale, dès que le bébé est là, la douleur et l’effort sont oubliés. Sinon, adieu les familles nombreuses.

Le sport ? – Même topo ! L’effort est oublié après la douche bienfaisante.

Et vous ? Quelle est la récompense dont vous avez besoin pour que vous ayez envie de faire ce genre d’effort ?

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Gundula Welti

Comments

  1. Patrick Bourg Says: octobre 4, 2020 at 12:08

    Je ne sais pas s’il y a besoin d’une récompense. Ce que je sais c’est que nous ne faisons que comparer aussi bien sur le plan mental que physiologique: nous ne percevons que des différences. La douche après l’effort produit l’une de ces différences; et certes je peux interpréter cette différence comme une récompense (ce qu’elle n’est probablement pas en dehors de l’interprétation que j’en fais).

    L’idée de faire en vue d’une récompense me fait penser à la notion de perfection et de joie chez Spinoza. Son idée de la perfection n’est pas du tout celle de l’idée d’une perfection divine, c’est à dire d’une perfection par référence à une transcendance (Dieu par exemple) extérieure à nous. La perfection pour Spinoza c’est d’être le créateur de mon propre monde, de sortir de ma passivité, « d’exister en acte » c’est à dire de désirer. C’est une exigence d’action par rapport à moi-même, « par rapport au bien qui m’est propre » (qui m’est immanente et non transcendante).
    * “la satisfaction intérieure est la joie qui naît de ce que l’homme se considère lui-même et sa puissance d’agir” (donc de ce point de vue cette satisfaction existe de par l’acte lui-même indépendamment de la récompense. La récompense me met à la merci d’une entité…).
    * “Personne ne peut désirer être heureux, bien agir et bien vivre, qu’il ne désire en même temps être, agir et vivre, c’est à dire exister en acte”
    * “Agir par vertu absolument n’est rien d’autre en nous qu’agir, vivre, conserver son être (ces trois mots signifient la même chose) sous la conduite de la Raison, d’après le principe qu’il faut chercher l’utile qui nous est propre”
    * “la satisfaction intérieure est la joie qui naît de ce que l’homme se considère lui-même et sa puissance d’agir”
    * « Le désir (cupiditas) est l’essence même de l’homme, en tant qu’elle est conçue comme déterminée, par une quelconque affection d’elle-même, à faire quelque chose… exister en acte »
    * « Le désir est l’appétit qui a conscience de lui-même…. tous les efforts (conatus) de la nature humaine que nous nommons appétit, volonté, désir ou impulsion ».
    * « La joie est le passage (transitionem) de l’homme d’une moindre à une plus grande perfection »
    * La tristesse est le passage de l’homme d’une plus grande à une moindre perfection.
    * “la satisfaction intérieure est la joie qui naît de ce que l’homme se considère lui-même et sa puissance d’agir”

    Ainsi vu par Spinoza on peut penser que la récompense, qui est une forme de transcendance, n’est pas nécessaire pour désirer faire cet effort, car la ‘récompense’ est immanente à l’acte lui-même qui réalise mon désir et est consubstanciel avec la satisfaction immanente à l’acte lui même. Et cette récompense là est tout simplement mon existence comme sujet et acteur: avant c’étaient les Dieux qui organisaient l’ordre cosmique, maintenant j’ai le droit au chapitre comme sujet.

    « la douleur et l’effort sont oubliés. »: la douleur et l’effort ne sont pas oubliés, mais ils sont le souvenir qu’ils n’ont pas entraver ma liberté d’agir, qu’ils ne m’ont pas mis en esclavage. Je suis passé d’une « moindre à une plus grande perfection » ! Ils sont le souvenir de mon « principe de réalité » qui a endigué mon « principe de plaisir » qui, lui, est un principe de moindre effort !

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