Tu veux de l’aide ?

13 Déc 2019

Il y a deux sortes de personnes qui me demandent conseil.

Celles qui veulent mon opinion et un éclairage différent sur leur problématique.

Et les autres qui veulent que je confirme et approuve la décision qu’elles ont déjà prise !

Sachant cela, je confronte volontiers mes interlocuteurs : “tu veux mon opinion ou mon approbation” ?

J’en ai surpris plus d’un avec cette question – moi y incluse 🙂 – car je sais très bien fuir une décision en la déléguant habilement à mon interlocuteur innocent !

Et vous ? Demandez-vous conseil ou approbation ?

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Gundula Welti

Comments

  1. Patrick Bourg Says: décembre 15, 2019 at 3:50

    Opinion vs approbation: d’abord on pourrait faire remarquer qu’on pourrait élargir le choix en se référent à Kant. Ce philosophe distingue les trois catégories de l’opinion, de la croyance et de la connaissance. Il assied cette classification sur les deux critères de la certitude ou non et de son caractère subjectif ou objectif. Ainsi l’opinion n’a aucune certitude subjective et objective (c’est juste mon avis dans toute sa subjectivité reconnue et assumée), la croyance repose sur une certitude subjective en l’absence de certitude objective (je crois en Dieu même si je n’en aucune preuve objective) et enfin la connaissance (scientifique) repose sur une certitude tant subjective qu’objective (j’ai des preuves concrètes de ce que j’avance intellectuellement comme sujet).

    Animant avec des confrères des groupes de médecin prenant en main leur formation continue, nous nous sommes rapidement aperçu que les gens avaient tendance à poser des questions sur lesquelles ils avaient déjà des réponses (demandant ainsi confirmation de ce qu’ils savaient ou pire montrant, exhibant ce qu’ils savaient déjà) et à éviter les questions sur lesquelles ils étaient ignorants, sans parler des questions dont on n’a pas déjà la moindre idée (car poser une question est déjà le début d’une réponse car la question délimite un champ de réponse voire donne déjà la réponse (« quelle est la couleur du cheval blanc d’Henri IV ? »): Kant) !

    Conseil vs approbation: cela me fait penser à la distinction que fait Jacques Lacan, le psychanalyste, entre le petit autre (‘a’ minuscule, qui est un alter ego c’est à dire un autre moi-même, donc celui à qui je demande approbation) et le grand Autre (‘A’ majuscule, qui est celui dont je reconnais l’altérité radicale c’est à dire d’être différent de moi donc à qui je demande conseil).

    «Je hais ce qui ne fait que m’instruire, sans développer ni stimuler directement mon activité» Goethe.

    « Et vous ? Demandez-vous conseil ou approbation ? »: ce « demandez-vous » peut s’entendre de deux manière différentes suivant ce que désigne le « vous »: ce « vous » peut l’autre en face de moi à qui je demande conseil/approbation mais ce « vous » peut être aussi moi-même lorsque je m’auto-interroge. Et lorsque je me pose une question à moi-même je peux soit me demander une approbation entre moi et moi (auto congratulation) soit vraiment me demander conseil c’est à dire me pousser à penser en dehors des questions-réponses que j’aies déjà.

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