On va se baigner?

18 Mai 2019

« On va se baigner ? » me lance un ami avec un sourire provocateur. Nous sommes le lundi de Pâques, en Bretagne et l’eau « freeze » les 11 degrés !

Je relève le défi, mets mon maillot et nous voilà partis vers la mer. Je descends la pente de l’embarcadère et dois avouer que l’eau est glaciale.

Je me retourne, mon ami provocateur est à la traîne et nos époux respectifs nous regardent avec un mélange de sidération et de pitié.
Plus rien à perdre. Je plonge…..

Deux minutes et 20 brassées plus tard je suis à nouveau dehors en train de me frictionner vigoureusement pour ressusciter mon corps congelé.

« Mais pourquoi ? » me demande mon coach intérieur. – réponse : j’adore les défis ! Aucun intérêt de se baigner quand il fait 30 degrés dans une eau à 25.

Le défi de sauter du toit d’un catamaran, marcher 1000 km, faire un saut en parachute ou me jeter dans l’eau froide la première me permet de faire les choses les plus incroyables.

Et vous ? De quoi avez-vous besoin pour vous dépasser ?

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Gundula Welti

Comments

  1. Bourg Patrick Says: mai 27, 2019 at 12:51

    C’est à Nietzsche, je crois, qu’on doit cette idée de l’impossibilité de se dépasser et qu’au mieux on ne peut que se réaliser ! On peut y voir une reprise d’une idée présente chez Aristote de la distinction entre notre « être en puissance » et de ses réalisations, de ses actualisations entéléchiales.
    Se dépasser voudrait dire que l’on considère qu’il y a un delà de nous mêmes, une transcendance, alors que l’idée de se réaliser renvoie à ce qui nous est immanent: on réalise ce qui était déjà là en puissance en nous, ce qui était un potentiel, une possibilité déjà là que l’on actualise en réalisant effectivement ce potentiel. Cela correspond à un enjeu très important de la philosophie: philosophie de la transcendance contre philosophie de l’immanence.
    On voit intuitivement que ce n’est pas la même chose de demander à quelqu’un de se réaliser (actualiser ses potententialités par lui-même) ou de se dépasser (en répondant à des idéaux extérieurs à lui).
    Dans l’idée de se réaliser, on retrouve un thème que Nietzsche développait en reprenant une idée d’un poète latin Pindare: « Deviens ce que tu es ».
    L’enjeu de cette distinction est plus important qu’il n’y parait: se dépasser renvoyant à un au delà de moi-même peut me décourager car cela accrédite l’idée d’un effort surhumain. Par contre l’idée de me réaliser, d’actualiser ce que potentiellement j’ai en moi me renvoie à une capacité qui m’est immanente et que j’ai juste à avoir le courage d’essayer de la faire advenir: mais rien de surhumain.
    Cela change aussi la nature du défi que tu proposes: se dépasser est quasiment d’ordre mégalomaniaque alors que se réaliser semble selon Spinoza l’essence même du bonheur et de la perfection. Il est très intéressant de noter que chez Spinoza (philosophe par excellence de l’immanence) la notion de perfection ne se réfère pas, comme nous en avons l’habitude, à une idée morale transcendante (souvent d’origine religieuse) mais au simple fait d’ « exister en acte », justement d’oser désirer devenir ce qu’on est en puissance, potentiellement.
    On voit que dans le cas du défi transcendant on est esclave d’idéaux qui nous sont imposés de l’extérieur (et repris par notre surmoi qui est un extérieur devenu intérieur(un véritable cheval de Troie) par introjection, une transcendance devenu immanente !). Dans le cas du défi immanent, on se trouve devant la possibilité de passer d’une » moins grande à une plus grande perfection», ce qui est pour Spinoza la définition même du bonheur. Et cette possibilité ne dépends que de moi, de mon action donc pose un acte de liberté. Et cela n’est pas un hasard si ça se trouve dans l’oeuvre majeure de Spinoza « L’Ethique », l’éthique qui est avant tout le désir et le devoir de dire JE (l’éthique ferait référence à mon immanence (devoir de dire JE) alors que la morale ferait référence à une transcendance (souvent religieuse): TU ne tueras point, etc.).

    Il y a donc deux types de défi.
    Tu parles dans cette bulle du défi par un élément extérieur « provocateur », donc du défi par transcendance. On voit les dangers potentiels de ce type de défi: ceux d’une dépendance à ces provocations de l’extérieur qui risquent de m’amener dans des endroits qui correspondent aux désirs des autres et non aux miens ! Par contre, si ce défi externe correspond à un défi intime et mien, l’autre sert juste de poil à gratter qui va m’amener à me réaliser (et non me dépasser !) stimuler par le désir de le séduire et de répondre à la provocation !

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