L’univers a un plan

24 Mai 2019

Lors de la réunion annuelle pour le bilan de ma société, mon expert-comptable me raconte avoir tout juste terminé un RDV téléphonique avec une autre chef d’entreprise.

Cette indépendante, ayant accouché il y a peu de temps, avait déclaré à tout le monde qu’elle reprendrait ses activités professionnelles au bout d’un mois, son bébé ayant une excellente nounou.

Le jour de la reprise elle est tombée dans les escaliers et a été plâtrée. Temps d’immobilisation ? – Le nombre de semaines exactes du congé maternité légal !

Quand l’univers a un plan pour vous il trouvera toutes les manières de vous le faire respecter.

Et vous ? Quel signe de l’univers n’avez-vous pas écouté ?

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Gundula Welti

Comments

  1. Bourg Patrick Says: mai 27, 2019 at 12:52

    « Quand l’univers a un plan pour vous »: tu poses ici l’idée d’une transcendance (l’univers qui me dicte ses plans) qui renvoie à ta bulle précédente sur le dépassement… et donc sur les commentaires que j’en ai fait.
    Mektoub (« c’est écrit »), « les gens disent « c’est le destin »… et c’est ça le destin », c’est à dire des « prophéties auto réalisables » (école de Palo Alto): certains ne croient pas en l’idée de destin (c’est à dire en l’idée d’une transcendance (retour à ta bulle précédente !), divine ou non, qui nous gouverne de l’extérieur), à l’idée de transcendance. Le destin est souvent une rationalisation que l’on donne à ses erreurs qu’on ne veut pas reconnaître !
    On peut aussi faire remarquer qu’il y a deux types de destin.Si je conçois le destin comme une immanence à moi même (mon inconscient constitue un destin de l’intérieur) alors si j’en prends conscience, je peux avoir une action sur cette immanence inconsciente et ne pas répéter à l’infini les mêmes erreurs. Si je conçois ce destin comme une transcendance, un au delà de moi-même qui m’est imposé dictatoriellement de l’extérieur, je subis passivement ce destin d’origine quasi divine et m’installe dans une mentalité d’esclave (Nietzsche): il ne me reste guère que la prière… que je transférerai sur un homme providentiel d’essence quasi divine en attendant qu’il fasse le travail pour moi et à ma place.
    Idée très bien exprimée par Pascal et Machiavel :
    « J’ai mes brouillards et mon beau temps au dedans de moi (immanence), le bien et le mal de mes affaires mêmes y fait peu (transcendance) » Pascal
    Avec ses prémisses un siècle avant chez Machiavel:
    • « Là où défaille la ‘virtù’ des hommes, la ‘fortuna’ porte ses coups les plus efficaces ».
    • « Je juge qu’il peut être vrai que la ‘fortuna’ soit l’arbitre de la moitié de nos actions, mais aussi que l’autre moitié, ou à peu près, elle nous la laisse gouverner (virtù)».
    L’être vertueux (virtù) est celui qui cherche devant un problème les éléments qui dépendent de lui (lui sont immanents) et donc de son action correctrice, alors que l’homme de la transcendance (dont le paranoïaque est l’une de formes les plus achevées) accusera la mauvaise fortune de tous ses malheurs.

    « Et vous ? Quel signe de l’univers n’avez-vous pas écouté ? »: si l’on admet un instant que l’univers nous envoie vraiment des signes, il n’en reste pas moins vrai que ces éventuels signes c’est moi qui les décodent et leur donne par projection un sens qui est donc avant tout le mien. Et qu’est-ce qui me dit que mon interprétation, ma traduction de ces signes est correct ? Que je n’y vois que ce qui m’arrange par exemple. Même quand je lis un livre écrit par un autre, ma propre lecture réécrit ce livre (notion d’inter texte de Julia Kristeva, Roland Barthes). Alors il apparait que ma propre lecture ne serait pas celle des signes de l’univers (comme transcendance) mais celle des signes de mon propre inconscient (comme immanence).

    « Et vous ? Quel signe de l’univers n’avez-vous pas écouté ? »:
    « L’anatomie, c’est le destin » nous dit Freud: voilà un exemple de signe de l’univers. Là aussi tout va dépendre de la conception qu’on se fait du destin. Si je suis dans la transcendance alors le destin est une force extérieur à moi (un Dieu éventuelement). Si je suis dans l’immanence, je considère que ce destin est une partie de moi: il peut être biologique et génétique comme la différence anatomique des sexes, mais il peut être aussi psychologique en dépendant du sens que je donne aux concepts que j’utilise. Chez Freud le destin de l’anatomie (homme ou femme), c’est la confrontation au réel visuel de l’anatomie, doublé par l’importance exorbitante que nous accordons à ce qui se voit par rapport à ce qui se déduit et s’analyse (en gros, nous arrivons à cette conclusion débile: les hommes en ont, et les femmes n’en ont pas; alors qu’après réflexion on aurait tout aussi bien dire que les femmes ont un vagin et que les hommes n’en ont pas: oui mais voilà la primauté du visuel l’emporte sur le caché). ET justement ici le destin de l’anatomie c’est que j’infère à tort qu’une différence anatomique des sexes correspond à une différence psychologique des sexes: j’infère à tort que la différence homme-femme est aussi une différence masculin-féminin.
    Donc si je revendique bien (à la suite de Freud) de ne pas avoir écouté un signe de l’univers, c’est celui de la différence des sexes !!! Pour moi, il n’ya pas de signe de l’univers puisque j’en suis le seul et unique traducteur. Il est donc même urgent et sain que je n’écoute pas tous les signes de l’univers car je dois douter de mes interprétations.

    Par contre, si devant le réel de l’univers (« ce dans quoi on se cogne » et qui n’est pas encore un signe; puisque celui-ci dépends de moi, de ma lecture) je fais un travail scientifique, alors je teste les hypothèses que sont les signes que j’ai cru relevés. Et là, je peux aller dans ton sens: il faut toujours explorer ses intuitions, parfois pour les confirmer parfois pour les infirmer.
    « Le jour de la reprise elle est tombée dans les escaliers et a été plâtrée » : cette chute peut être un pur hasard, une corrélation sans lien de cause à effet ou être un « acte manqué » réussi ! L’acte scientifique de la psychanalyse sera de plonger dans l’immanence du sujet qui est tombé, en écoutant ses « libres associations » sur cette chute. De ce matériel associatif interne au sujet lui-même viendra la possibilité de choisir en les deux hypothèses précédentes quant aux raisons de l’accident. Le ‘mauvais ‘ psychanalystes (en fait quelqu’un qui se dit psychanalyste mais ne l’est pas !) proposera ex abrupto des interprétations toutes faites, donc transcendantes et extérieures au sujet. Irrecevable pour Carl Popper car non falsifiables, car ne pouvant pas être contre dites. Ce thème entre immanence et transcendance fut en fait l’objet d’un conflit théorique majeur entre Freud (immanence) et Jung (transcendance).
    « Universellement vôtre, »: oui et oui… et si Freud a retenu l’immanence de la « libre association » comme seule possibilité scientifiquement recevable d’interpréter, c’est parce qu’elle seule est UNIVERSELLE: l’universalité d’une interprétation qui ne dépends que des associations du sujet lui-même, alors que les interprétations a priori et symboliques dépendront du contexte socio-culturel ambiant du thérapeute et n’auront donc pas ce côté universel.

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