La précieuse

09 Fév 2019

Je voyage beaucoup. Je mange avec plaisir. J’adore déguster local. J’adore quand on me guide dans mes choix.

La précieuse adresse en main, je file au resto, commande ce qu’on m’a recommandé et ne me pose aucune question quant au choix. Je fais confiance.

Je suis rarement déçue et souvent enchantée.

Nous sommes nombreux à regarder les recommandations sur TripAdvisor, à parcourir le Guide Michelin, Gault & Millault ou autre Pudlow. Pourquoi ? Parce que c’est une décision de moins à prendre. Un domaine dans lequel nous n’avons pas besoin de nous documenter.

Nos aides à la décision sont reposantes dans une vie qui nous sollicite h24.

Et vous ? Quelles sont les aides à la décision qui vous reposent ?

Partager

Gundula Welti

Comments

  1. Ce billet souffle le chaud et le froid ! On peut y être simultanément d’accord et pas d’accord !
    D’accord dans le sens où, en nous invitant à « l’épreuve de l’étranger », il nous laisse la possibilité de nous laisser surprendre par l’inattendu: ce qui est le propre de l’expérience culturelle. On notera au passage que si l’angoisse est « le vertige du possible » (donc inhérente à la possibilité de choisir et donc à toute décision), on opère un transfert d’angoisse: je diminue les miennes en ne décidant pas et j’augmente celles de celui qui décidera à ma place.

    Pas d’accord dans le sens où les avis des autres sont souvent loin d’être désintéressés (surtout sur internet avec ses tendances commerciales doublées des fake news), et même si cela va me reposer, ce sera au détriment de mon propre choix (même si ce choix est à relativiser, tant mon propre inconscient (l’autre en moi) choisit à ma place très souvent sans que je le sache !). On tombe donc ici dans une situation proche de la dialectique du maître et de l’esclave: le maître, en déléguant la gestion du quotidien et de la réalité à son esclave, devient inapte à sa propre autonomie car il ne fait rien par lui-même. Il devient donc l’esclave de son esclave…
    On voit donc le double danger de trop déléguer: se faire entuber par un autre qui substitue ses désirs aux miens et devenir l’esclave de cette délégation. On notera au passage la ressemblance avec un thème d’actualité: la démocratie représentative (je délègue par le urnes à un représentant)… et je dénonce tout de suite après sa trahison: d’où les élections rodéo où le sortant est systématiquement sorti !) versus la démocratie participative (que tout le monde réclame… en théorie… juste avant de déléguer !!!
    Entre le pour et le contre il y a donc la nécessité de trouver le juste milieu, de trouver une zone de convivialité structurelle: trop d’eau avec le ciment, il ne prends pas, pas assez d’eau il s’envole !
    Par contre, on notera que le thème de l’angoisse est au centre de la solution: la capacité à soutenir le choix, donc le possible, donc l’angoisse, est l’élément central qui me permettra l’esquisse de ma liberté (thème essentiel à Kierkegaard). Dans le cas contraire, Nietzsche pourra dire de moi que j’ai une mentalité d’esclave et que je ne vais tarder à devenir « l’homme du ressentiment », en accusant les autres de mes misères, sans vouloir admettre que c’est moi qui en ai fait des maîtres en me positionnant en esclave ! Il me faudra alors voter pour un nouvel homme providentiel à qui je délèguerai à nouveau mes choix pour me reposer… en étant déjà près à le lui reprocher ! Mais papa et maman font aussi bien l’affaire, eux qui décident si bien à ma place ! Vive donc l’infantile ! L’infans: ce lui qui n’a pas la parole… Et l’esclave c’est d’abord celui qui n’a pas droit à la parole.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *