Deux Souris

08 Juin 2019

Deux souris ont découvert un pot de crème dans une ferme. Elles sautent dedans pour se remplir leurs petits ventres affamés. Repues, elles se rendent compte que sortir est impossible. Les parois sont lisses et de surcroit elles n’ont pas pied.

La pessimiste nage et lance au bout d’un long moment : « Cela ne sert à rien. Je n’en peux plus. J’abandonne. » Et coule.

L’optimiste n’est pas prête à déclarer forfait. Elle nage malgré sa fatigue et croit en sa bonne fortune… qui effectivement commence à se glisser sous son popotin : Elle est fermement assise sur une motte de beurre !

Et vous ? Déclarez-vous forfait ou allez-vous jusqu’au bout de votre ambition ?

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Gundula Welti

Comments

  1. EZIO VERZETTI Says: juin 10, 2019 at 7:30

    memento audere semper
    é nel mio adn

  2. Patrick Bourg Says: juin 11, 2019 at 11:30

    « L’optimiste n’est pas prête à déclarer forfait. Elle nage malgré sa fatigue et croit en sa bonne fortune… »:
    Machiavel (1469-1527):
    * Fortuna et Virtù
    * « Là où défaille la ‘virtù’ des hommes, la ‘fortuna’ porte ses coups les plus efficaces ».
    * « Je juge qu’il peut être vrai que la ‘fortuna’ soit l’arbitre de la moitié de nos actions, mais aussi que l’autre moitié, ou à peu près, elle nous la laisse gouverner »
    * Fortuna : nécessité extérieure bonne ou mauvaise, le Réel : «ce dans quoi on se cogne» (Lacan)
    * Prudence : «penser, c’est agir à titre d’essais» (Freud)

    Voilà pourquoi il me parait douteux de parler d’optimisme pour la souris. Il vaut mieux parler de la ‘virtù’ de Machiavel ou de prudence (dans le sens où la prudence chez les grecs anciens n’était pas réduite à l’hésitation, au principe de précaution restricteur, mais incluait l’action comme porte de sortie (alors que la prudence inhibitrice d’action peut être dangereuse)).
    L’optimisme serait plutôt quelque chose de dangereux car il implique l’idée d’une certitude que tout va aller bien (et donc pourrait amener à ne rien faire car ça forcément s’arranger): et c’est là où l’optimisme rejoint le pessimisme (comme certitude que tout va aller mal) via une essence commune dangereuse: la certitude (qui atteint son paroxysme dans la paranoïa). Alors celui qui à la certitude répond par le doute bascule plus facilement dans la ‘virtù’ de l’action qui ne dépends que de lui , au lieu de s’en remettre à la ‘Fortuna’ sur laquelle il n’a aucun impact. De fait, les délires paranoïaques accusent toujours l’extérieur, la ‘fortuna’ et sont toujours extérieurs à ce qui leur arrivent.

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